Bouger pour... méditer ?!
- sandrarocquet
- 14 août
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : 17 août

Certaines personnes trouvent le calme en s'immobilisant. D'autres le trouvent en bougeant !
La méditation, une pratique répandue
Les recherches abondent sur l’usage et l’utilité de la méditation, aussi bien en matière de spiritualité qu’en matière de développement personnel. Ses bienfaits sont également étudiés pour ce qu’elle peut apporter à des personnes souffrant de problèmes de stress, d’anxiété, voire de dépression.
Si tous les chercheurs ne s’accordent pas et que certaines études montrent bien qu’il ne s’agit pas d’une « solution miracle », il n’en reste pas moins que le couplage d’une forme de tranquillité (notamment d'esprit) avec des pratiques respiratoires appropriées peuvent apporter un réel mieux-être.
Je ne débattrai pas ici du sujet et renvoie le lecteur à l’écoute des épisodes de Meta de Choc, un excellent podcast sur l’esprit critique, sur la méditation… et ses risques de dérive (https://metadechoc.fr/).
Pas facile de « méditer » !
Ayant pratiqué les arts martiaux (Aïkido et Shorinji Kempo) pendant 25 ans, passionnée par l’Asie, je me suis intéressée très tôt à ces sujets. Dans certains cours ou stages, il arrivait que l’on nous propose un peu de méditation.
Je me souviens par exemple de ce stage donné par Steven Seagal (oui, l’acteur de films d’action mettant en scène de l’aïkido dont il était un authentique pratiquant de haut niveau), où, accompagné d’un moine tibétain, il avait proposé 45 mn de méditation avant le cours du samedi après-midi.
Cela me parut insurmontable… Rester en tailleur ou à genoux, sans bouger, en essayant de « regarder passer mes pensées », j’ai essayé mais j’ai eu bien de la difficulté et j’attendais avec impatience le démarrage du cours sur le tatami.
Parce que j’ai toujours eu besoin d’être en mouvement. Bien sûr, je sais rester tranquille, surtout avec l’âge, mais ce n’est pas un point fort.
Peut-être êtes-vous ainsi ?
Peut-être vous aussi ne parvenez-vous pas ou avez-vous de réelles difficultés lorsqu’il s’agit de se poser sur un coussin ou un tapis et que l’on vous demande de "mettre à distance vos pensées". Je ne doute pas que cela soit atteignable ! Cela demande d’être guidé et cela s’apprend. Je commence à y parvenir davantage.
Le mouvement au secours du « méditant »
Lorsque j’ai choisi de me former comme thérapeute psycho-corporel, c’est parce que j’ai toujours eu la conviction que le corps représente une ressource largement sous-exploitée dans nos sociétés, particulièrement en ce qui concerne le mieux-être psychique. Le corps (voir article https://www.coherentia.fr/post/mon-corps-mon-allié) peut être mobilisé de diverses manières, le mouvement en est une. Et bien entendu, on ne parle pas là de « performance », ni de « sport ». Mais d’investissement du corps en pleine conscience de soi et avec l'objectif d'améliorer sa santé mentale. Les sensations corporelles et la pensée posée sur diverses parties du corps lorsqu'il travaille, permettent justement de stopper le flux de réflexions.
Car mon intention en tant que coach et psychopraticienne, est bien de proposer à mes clients et mes patients au moins 3 voies d’accès à eux-mêmes et à leurs difficultés ou questionnements :
Le langage : c’est plutôt classique, parler pour exposer ses idées, faire sortir de soi des ruminations ou des pensées qui tournent en rond, éclaircir, analyser et comprendre ;
La créativité : au-travers par exemple de représentations graphiques, de photos, de fabrication d’objets… pour laisser parler une partie plus inconsciente et intuitive de soi, se révéler autrement ;
Et le corps : conscientisation du corps et de zones douloureuses, respiration, et surtout, corps en mouvement pour se libérer sans passer par la parole et apprendre à accéder à un bien-être que l’on peut retrouver par soi-même quand on en a besoin.
Au cours de ma formation, j’ai ainsi découvert qu’il existait une autre façon de méditer, beaucoup moins connue que l’image d’Epinal du moine zen sur son coussin.
J’ai découvert la « méditation dynamique », des pratiques de méditation en mouvement.
Autrement dit, la possibilité de faire des mouvements, guidés ou non, souvent avec de la musique mais pas toujours, qui permettent d’être en conscience de soi et de lâcher le mental ou les pensées. C’est une manière d’être, détachée de la réflexion, qui mobilise notre attention, car bouger ne se fait pas entièrement tout seul, et en restant connecté à son corps.
La méditation dynamique est un savant mélange de consignes (ex : sauter d’une certaine façon en prononçant un certain son pendant 5 mn) et de lâcher-prise total comme dans la danse intuitive où le challenge est bien de laisser le corps se guider lui-même tout seul, de ne pas prévoir les mouvements et de l’observer presque comme s’il ne nous appartenait pas. C'est une méditation pour les personnes qui n'arrivent pas à rester assises.
Pourquoi la « méditation dynamique » ?
Je me suis fait la réflexion que cette expression était presque un oxymore (2 mots ayant des sens opposés, par ex « un silence assourdissant »). Car on n’associe pas spontanément à la méditation, la notion de mouvement ou le fait d’être « actif » physiquement.
Mais j’y ai trouvé quelque chose de nouveau et de très approprié. Et j’y vois de nombreux avantages :
Le mouvement permet de ne pas se perdre dans ses pensées et d'être en action,
Le corps étant sollicité, c’est tout le système cardio-vasculaire qui y gagne,
On peut en profiter pour travailler sa mobilité, sa souplesse, comme c’est d’ailleurs le cas du yoga qui n’est autre qu’une forme de méditation corporelle,
Dans certains exercices, la musique peut amener à une transe légère, à un voyage intérieur dont on ressort allégé, comme « nettoyé »,
En termes de gestion du stress, cela permet de réguler l’influx nerveux et d’agir sur le taux de cortisol qui, lorsqu’il est trop élevé, contribue à maintenir un état de stress qui empêche de dormir.
Alors si vous aussi vous avez de la difficulté à envisager la position assise (ou en lotus si votre souplesse vous le permet) et la méditation classique, pourquoi ne pas essayer la méditation dynamique ?
Et vous pouvez également alterner les deux car vous n’y trouverez pas le même plaisir, ni les mêmes sensations. Certains jours sont plus propices au calme, d’autres au plaisir de bouger.
Mes prochains ateliers incluront de la méditation dynamique et de la danse intuitive car je pense que les deux se marient parfaitement.
Je vous y attendrai avec plaisir !



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